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Politique de conservation et restauration de la Fondation

Dès 1981, la Fondation s’est préoccupée de la conservation et restauration de ses documents et en particulier de la collection des Papyrus Bodmer. Ces derniers, jusque-là conservés entre des feuilles d’acétate, ont été placés entre des plaques de verre. En 2007, une nouvelle campagne a démarré avec le soutien de la Loterie Romande pour un nouveau montage.

Dès 1985, parallèlement à la restauration des papyri, des restaurations ont été effectuées sur des dessins, des œuvres graphiques et des reliures. En même temps la collection de dessins a été réorganisée (mise sous passe-partout et fabrication de boîtes de conservation). S’en est suivie la fabrication de boîtes sur mesure pour les collections des livres manuscrits (CB), des incunables (InCB), des livres orientaux (MS orientaux), ainsi que pour d’autres objets tels que les codices en papyrus, textes sur palmes, clous…

La collection d’autographes a été ré-inventoriée et les écrits conditionnés dans des pochettes et fourres de conservation.

Avec la création du Musée, en 2003, le montage des objets pour les expositions est également une occupation importante. Pour ce faire, de nombreux supports sont créés afin de disposer au mieux les objets confiés.

Conservation du livre

Les activités de conservation-restauration des ouvrages de la collection et de conditionnement des objets sortis pour les expositions sont confiées à Mme Florence Darbre et Mme Marjolaine Viard. Il faut en effet savoir que dans le domaine très spécialisé de la restauration des papyrus, par exemple, Mme Florence Darbre est la référence en Suisse, au même titre que Frau Myriam Krutzsch pour l’Allemage, Frau Andrea Donau pour l’Autriche ou Mrs Leila Lau‐Lamb pour les Etats‐Unis. A la fin de l’année 2001, c’est elle qui a eu quatre années durant la charge délicate de restaurer pour le compte de la National Geographic le fameux codex Tchacos de l’Evangile de Judas. Il s’agit d’un texte gnostique que connaissait saint Irénée et qui fut écrit pendant la première période chrétienne. Le manuscrit écrit en copte date du IIIe ou IVe siècle de notre ère. Il est constitué de 66 pages et contient une collection de quatre textes, une lettre de Pierre à Philippe, un texte intitulé « Jacques », un fragment que les spécialistes désignent provisoirement sous le titre du « Livre de l’Allogène » (L’Etranger), enfin et surtout l’Evangile de Judas dont c’est le seul témoin conservé. Le codex avait subi maintes tribulations depuis sa découverte en Egypte dans la seconde moitié du XXe siècle et il en était arrivé à un stade très avancé de détérioration. La restauration entreprise par Mme Darbre entre 2001 et 2006 fut un succès, après être passée par la séparation des pages et des fragments, le nettoyage, le traitement, la reconstruction, le montage et le stockage. La datation au carbone-14 permit alors d’en confirmer l’authenticité et de le dater entre les années 220 et 340 de notre ère.

Il existe un film commenté, disponible à l’accueil du Musée, sur l’histoire et les techniques de cette restauration qui a permis d’exposer à plusieurs reprises le document dans les vitrines du Musée. Le codex Tchacos a été publié et commenté par les professeurs Rodolphe Kasser et Gregor Würst.