Gravures de Pieter van der Borcht, in Metamorphoses, Ovide, édition de 1591 par Jan Moretus
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La mythologie gréco-romaine est riche de personnages volants, qu’ils soient dieux ou simples mortels. Mais le pouvoir de traverser les cieux n’est pourtant pas sans risque : deux célèbres exemples antiques ici illustrés nous le rappellent. La première gravure (en haut) illustre la chute de Phaéton (en grec Phaéthōn, « le Brillant »), qui – en dépit de son nom – n’est connu que par le récit de ce désastre.
Phaéton est le fils d’Hélios (dieu Soleil), mais son ami Épaphos ne le croit pas. Le jeune homme se rend au palais de son père qui le reconnaît et lui accorde une faveur. Phaéton obtient de conduire le char soleil toute une journée, bien que Hélios essaie de l’en dissuader (en vain) compte tenu des nombreux risques qu’il entrevoit déjà.
Phaéton perd rapidement le contrôle des quatre chevaux conduisant le quadrige, provoquant des catastrophes naturelles dans de nombreux endroits du monde. La Terre à moitié brûlée implore alors Jupiter d’intervenir, et ce dernier n’a d’autre choix que de foudroyer le char.
Le mythe d’Íkaros, ou Icare (gravure du bas), se déroule au royaume de Crète. Le roi Minos charge son ingénieur Dédale (à gauche en haut de l’image) de créer un labyrinthe pour y enfermer le Minotaure, monstre né de l’union contre-nature de sa femme Pasiphaé et d’un taureau blanc. Mais Dédale et son fis Icare y sont enfermés à leur tour sur décision du roi.
Dédale, jamais à court d’idées, fabrique des ailes avec de la cire et des plumes tout en mettant en garde (en vain, comme pour Phaéton !) son fils de ne pas trop s’approcher du soleil, risquant la fonte de la cire et ainsi la chute mortelle. Evénement qui, bien entendu, ne manquera pas de se produire exactement ainsi.
Ces deux mythes sont longuement décrits dans les Livres des métamorphoses (« Metamorphōseōn librī ») du poète romain Ovide, classique indémodable de 12 000 vers latins dont la rédaction commence en l’an 1.
Ces deux gravures sont issues d’une édition de 1591 confectionnée à Anvers par Jan Moretus, grand imprimeur des Pays-Bas espagnols et successeur de Christophe Plantin. Leur auteur Pieter van der Borcht est considéré comme un des plus doués de sa génération. Il est notamment parmi les premiers à travailler sur cuivre et à l’eau-forte.
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