Ecritures médiévales

MuséeMédiation culturelleL’écriture et le livreEcritures médiévales

Tout au long du Moyen Age se succèdent et se mêlent différents types d’écriture : capitale carrée, onciale, semi-onciale, minuscule caroline, lettre gothique, et, au XVe en Italie, écriture humanistique, plus ronde et moins étroite, inspirée par la minuscule caroline.

Trois facteurs conditionnent l’évolution de l’écriture :

– Le support utilisé, d’abord. Ainsi la peau de parchemin n’a pas les mêmes caractères sur les deux faces. Le côté intérieur permet un meilleur travail que l’extérieur, plus rugueux, moins propice à l’écriture, à moins d’une préparation plus longue. L’écriture sur parchemin reste pénible : matière dure, toujours poisseuse. A partir du milieu du XIIIe en France, on voit apparaître pour registres comptables (écrits moins durables) le papier de chiffon, moins cher, originaire de Chine, utilisé dès le Xe dans l’Orient musulman. D’un grain très épais, il est plus solide que le papier moderne de cellulose, mais se détériore à l’humidité.

– L’instrument, ensuite : la calame, roseau effilé à l’extrémité dont le tube servait de réservoir temporaire pour l’encre, était fragile en raison de sa mollesse et devait être constamment retaillé. On ne peut tirer que de gros traits. La plume de volaille permet, grâce à la taille plus fine de sa pointe, de produire les pleins et les déliés. L’apparition de l’écriture gothique en Angleterre dans la 2e moitié du XIIe (et sur le continent au  XIIIe) est due à une nouvelle manière de tailler la plume d’oie, non plus en pointe à deux côtés égaux, mais en un biseau très large (pleins énormes, déliés petits). D’où l’obligation de former les lettres de façon très anguleuse.

– Les mouvements du scribe par rapport à sa feuille : à plat, devant une tablette fixée à son  siège ou posée sur ses genoux, ou sur un pupitre incliné. Trois doigts tiennent l’instrument, on écrit à main levée sans toucher la feuille. On tient compte aussi de son ductus, sa façon de lier les lettres successives.

Pénible et extrêmement lent, le travail du copiste est fait de cent autres gestes. Pour guider l’écriture il procèdera à la piqûre et à la réglure de son cahier de parchemin. Il pique le bord de sa feuille de séries de trous qu’il relie par des traits, afin de délimiter l’espace total réservé à l’écriture c’est à dire la justification, la largeur des colonnes, le nombre de lignes par feuillet et la place des commentaires ou des gloses marginales et interlinéaires. La réglure confère à la page équilibre et harmonie.