L’écriture et le livre

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La collection de Martin Bodmer témoigne de façon saisissante de toute l’évolution de l’écriture et de ses supports. La question du support est de première importance pour la transmission écrite. Un musée de l’écrit permet de se faire une idée de la diversité des supports au fil des âges : pierre, métal, argile, bois, étoffe, papyrus, parchemin, papier, jusqu’aux supports électroniques actuels.

Le mot « livre » vient du latin liber, désignant l’aubier (latin alburnum, de albus, « blanc »), c’est-à-dire la pellicule blanchâtre entre le bois et l’écorce d’un arbre, qui a porté, avec la pierre, les premières écritures. On garda la dénomination même après qu’on eut cessé d’écrire sur du liber. D’autres supports ont été utilisés durant l’Antiquité : tablettes d’argile en Mésopotamie (dont la chance fut d’avoir, avec l’eau de ses fleuves, une terre argileuse : d’où les briques, les tablettes, les poteries) ; ailleurs l’os, le tissu, les tablettes de cire et de bois, les feuilles de palmier, les peaux d’animaux, la pierre, les métaux les plus variés.

Le nom grec du livre, biblion, qui a donné le mot bible (biblia, « livres saints ») dérive de biblos, primitivement : écorce intérieure du « papyrus » servant à écrire. Le papyrus, fabriqué à partir de la plante du même nom qui poussait dans la vallée du Nil, apparut au IIIe millénaire av. J.-C. et a constitué le support le plus répandu de l’Antiquité. Les tiges fibreuses de la plante ont permis d’apprêter un support qui révolutionna le monde de l’écriture en donnant naissance à la « feuille ». Comme il se prête mal au pliage et ne permet pas d’écrire recto verso, les premiers livres se présentent sous la forme de rouleaux, en latin volumen (notre « volume »), composés de feuilles collées côte à côte et enroulées autour d’un bâton.

Au début de notre ère, entre le IIe et le IVe siècle, la forme du livre change et passe du volumen au codex, assemblage de cahiers cousus ensemble, facile à stocker, moins « volumineux » et supportant l’écriture au recto et au verso.

Nativité de Marie, Manuscrit grec Papyrus, Egypte, IIIe siècle - PB V

Nativité de Marie, Manuscrit grec Papyrus, Egypte, IIIe siècle – PB V

Mais il s’imposa surtout grâce à l’emploi d’une autre matière première, d’origine animale, venue de Pergame, au IIe siècle av. J.-C., le parchemin (de pergamênê, « peau préparée à Pergame » en Mysie). Son usage allait s’étendre sur plus d’un millénaire. Plié et relié, le livre était né.

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