De l’Europe romantique

MuséeExposition permanenteDe l’Europe romantique

Le XIXe commence avec l’épopée impériale de Napoléon qui va ébranler le monde et provoquer l’éveil des nationalités.

Le manuscrit autographe de l’Appel de Rivoli en 1797 donne le ton. Le sort du monde va se jouer à Erfurt, en 1808, dans le partage entre Orient et Occident proposé à l’autre empereur, le tsar Alexandre Ier , à l’occasion de fêtes décrites dans l’édition de Weimar en 1809.

De Weimar, sa ville, Goethe vient rencontrer Napoléon. Il confiera son admiration à Hegel pour qui c’était « l’Esprit du Monde » (Phénoménologie de l’Esprit, 1807).

Des notes manuscrites de Valéry, dédiées à Bodmer en 1935, esquissent une comparaison entre Goethe et Napoléon. L’autre vision de l’Europe est incarnée par Mme de Staël, dont subsiste un placard annoté de sa main de l’édition de 1810, De l’Allemagne, saisie et pilonnée sur ordre de Napoléon. Quant à son grand ennemi, Chateaubriand, l’immense écrivain des Mémoires d’Outre-tombe, ami du tsar Alexandre, le Congrès de Vérone, où se décida en 1822, la guerre d’Espagne, témoigne de son activité politique.

L’âme romantique et le rêve s’incarnent dans la poésie allemande et anglaise. Les Nuits d’Edward Young, illustrées par William Blake en 1797 ont fortement influencé la génération du Sturm und Drang.

Parmi tant de poètes dont la collection possède autographes et éditions originales, on a mis en évidence Byron (autographe de Childe Harold, avant 1810) et Keats (autographe et édition du poème O Melancholy, et une édition du début du XXe mettant en exergue le sonnet Bright Star), Novalis (manuscrit autographe des Hymnes à la Nuit en 1800 et partition autographe de Schubert en 1819), provenant de la collection de Stefan Zweig.

Le roman du XIXe siècle alterne les éditions originales des romans russes, de Pouchkine (Oneguine, 1833) et Gogol (Les âmes mortes, 1842) à Dostoïevski (Frères Karamazov, 1842) et Toltstoï (Guerre et paix, 1868), allemands, avec Stifter (L’Arrière-saison, 1857), Keller (Henri le Vert, 1879), Hauptmann (Les Tisserands, 1892) et Fontane (Les Stechlin, 1899, Effi Briest), anglais (Oliver Twist, 1838), français (manuscrits autographes de Balzac, La femme de trente ans,1832, Flaubert, Salammbô, Madame Bovary, notes préparatoires, Zola, Le docteur Pascal, avant 1893).

L’année 1857 marque le tournant de la modernité avec Madame Bovary de Flaubert et Les Fleurs du mal de Baudelaire. Quatre figures majeures sont ici réunies. Une lithographie originale de Rouault en 1927 donne le portrait de Baudelaire. Le poète avait pris la défense de Tannhäuser, représenté à Paris en 1861. Le livret autographe du Vaisseau fantôme de Wagner, en 1842, est exposé. Nietzsche, nourri comme Wagner de la pensée de Schopenhauer (édition originale de 1819, interfoliée avec additions autographes), voyait dans la musique de Wagner la présence du Surhomme qui se défait des valeurs chrétiennes. Il occupe l’essentiel de la vitrine, avec l’édition originale d’Ainsi parlait Zarathoustra, son « Cinquième Evangile », 1883, des poèmes autographes d’avant 1884, une lettre de Turin en 1888 signée L’Antéchrist, et une eau-forte le représentant dans la revue Pan en 1899. Selon Jung, Nietzsche et Freud, la volonté de puissance et l’Eros, désignent la bipolarité de la psychè humaine.

Pour aller plus loin :

Les origines de la civilisation  |  Hellas et Roma  |  La Bible et la Chrétienté
Moyen Age et Renaissance  |  Traditions orientales  |  Siècles classiques
Goethe, le siècle des Lumières  |  Sciences antiques et modernes
De l’Europe romantique  |  Aux temps modernes