Martin Bodmer insistait sur la fascination qui émane des originaux et le pouvoir qu’exercent de tels documents sur l’esprit de qui sait en comprendre la force et le sens, leur rayonnement, à savoir « l’âme qui s’en dégage », à l’instar de reliques, « et que seule une certaine disposition d’esprit permet de percevoir ». Il donnait trois exemples de pareilles bibliothèques-musées : « la Morgan Library à New York, peut-être la plus magnifique réalisation privée d’une collection de manuscrits et d’incunables provenant de l’Occident ; puis la collection Chester Beatty à Dublin, qui joue un rôle équivalent pour les manuscrits non européens datant des époques les plus diverses ; enfin, dans un autre domaine, le Musée national de littérature allemande à Marbach, qui comporte des centaines de legs et montre ainsi d’une manière beaucoup plus complète et vivante qu’une bibliothèque ordinaire la survivance que peut connaître un écrivain. »
Pour Kraus, la Bodmeriana était désormais indissociable de Genève, comme la Morgan de New York et la Huntington Library de Pasadena en Californie.
Un accord de partenariat a été signé en 2004 avec le Musée Condé à Chantilly qui est aussi la collection d’un homme, le duc d’Aumale, et avec la Société des Amis du Livre contemporain, qui publie des livres illustrés par des artistes contemporains.
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