Readers at work

Readers at work

27 April – 25 August 2013

The exhibition Readers at work shows how a text can be modified by its readers. It looks at the different ways they intervene in the life of a book and leave their personal mark, thus giving it a new look. This can be by making editorial choices, by adding personal notes or scholarly commentaries in the margin of the book, or indeed by illustrating or translating it. Signs of ownership of a book – coffee stains, tears  – all bear witness to the text’s life. The reader manipulates, paws, bends the book, making it part of his own private space. See, for example, this book by Isaac Newton: Leibniz took possession of the volume by leaving critical notes in the margins. Moreover, as he had a habit of reading in bed at night while smoking his pipe, it is probably he who also left burn marks on several pages.

The exhibition also includes a number of interactive books and thus points out parallels between traditional book reading and digital reading. Visitors (to the exhibition and online) will have access to a great number of digital and experimental documentation via two holographic installations and an online catalogue designed to work on iPads (which can be borrowed while visiting the exhibition).

 

Curators: Michel Jeanneret, Frédéric Kaplan and Radu Suciu

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du 27 avril au 25 août 2013: Prolongation jusqu'au 8 septembre 2013

Organisée par la Fondation Martin Bodmer en partenariat avec le Digital Humanities Lab de l’EPFL cette exposition expérimentale montre, à travers plusieurs siècles d’histoire de l’écriture, comment un texte est transformé par ses lecteurs. Elle propose un classement des manières dont ceux-ci, intervenant dans le livre, y inscrivent leur marque et lui impriment une allure nouvelle. Des premiers stades de la fabrication jusqu’à la diffusion et au delà, un texte passe entre les mains de plusieurs acteurs, chacun jouant un rôle différent : l’auteur qui se relit et se corrige soi-même, puis l’éditeur, l’illustrateur ou le traducteur, le savant qui inscrit ses commentaires, l’amateur qui annote son livre…

A l’heure où la culture numérique modifie profondément nos pratiques de lecture et d’interaction avec les textes, l’exposition Le lecteur à l’œuvre donne également une place importante aux marques physiques d’appropriation d’un livre – les taches, les empreintes, les déchirures –, qui témoignent de la vie de l’œuvre – une œuvre que le lecteur manipule et infléchit en l’absorbant dans son espace personnel. On verra par exemple un livre d’Isaac Newton : Leibniz s’en empare pour y inscrire des notes critiques, mais en plus, comme il lisait souvent le soir au lit et en fumant la pipe, il a laissé sur quelques pages des trous de braise !
Pour poursuivre la découverte de l’exposition, n’hésitez pas à visiter le site www.boocs.ch



Sont également exposés toutes sortes de livres interactifs où le lecteur est explicitement appelé à prendre une part active dans la manipulation ou la transformation de l’objet. Ancêtre de nos questionnaires à choix multiples, on trouvera ainsi un étonnant livre de piété du XVIIIe siècle, qui énumère des listes de péchés sur des languettes de papier, permettant au pénitent de faire son choix et de se confesser … sans parler. Aux côtés de livres interactifs de l’époque pré-moderne, l’exposition consacre une place importante à plusieurs livres-objets du XXe siècle (de Michel Butor, Keith Haring et Jonathan Safran Foer notamment) qui mobilisent encore d’autres gestes pour faire de la lecture un acte de création.

Le musée de la Fondation Martin Bodmer devient pour l’occasion de cette exposition un atelier d’expérimentations muséographiques. Par l’intermède de vidéos et de projections holographiques, les visiteurs ont accès à une riche documentation informatisée et interactive. Grâce à des tablettes, le visiteur de l’exposition devient lui-même un lecteur à l’œuvre : il a le choix de sortir virtuellement les livres des vitrines, de regarder de près des enluminures médiévales, d’apprendre à calculer les phases lunaires à partir d’un livre astronomique de 1540 ou encore de relire avec Proust les épreuves de La Recherche du temps perdu.

Pendant sa visite, grâce à des tablettes, ou plus tard, de retour chez lui, le public aura accès à une large information mise à disposition sur une « webapp » réalisée par le Digital Humanities Lab. Cette application propose des parcours exploratoires à travers la thématique de l’exposition, offrant des explications et des commentaires contextuels. Interactif et évolutif, ce site pourra être visité comme une exposition virtuelle, destinée à durer et à s’enrichir bien au-delà des quatre mois que durera l’exposition elle-même.

Commissaires:

Michel Jeanneret, professeur honoraire de l’Université de Genève

Frederic Kaplan, titulaire de la chaire de Digital Humanities à l’EPFL

Radu Suciu, assitant-docteur, département de médecine de l’Université de Fribourg

 

Scénographie:

Elisabeth Macheret

 

Exposition en partenariat avec l’EPFL et l’Université de Genève

Livre / catalogue de l’exposition Le Lecteur à l’oeuvre
Infolio, 192 pages, couverture thermodynamique

 

Télécharger le dossier de presse

Conférence de Roger Chartier du 30 mai 2013 à Uni Dufour : Pouvoirs de l’écrit et manières de lire

Visualiser et écouter la conférence ici