Moyen Age, Renaissance, Réforme

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Les récits de Thèbes, de Troie, d’Alexandre et de la Table Ronde, la chanson des Niebelungen représentent les grands cycles narratifs français et germaniques du Moyen Age. Un important recueil allemand, le Codex Kalocsa, contient des branches du roman de Renard et de nombreux textes du Stricker. Avec le roman de la Rose s’ouvre la voie de la littérature allégorique, jusqu’à Christine de Pisan, René d’Anjou et au mystérieux Songe de Poliphile. L’art de la nouvelle ainsi que la littérature morale sont le fait de Boccace et de Chaucer, dans des manuscrits exceptionnels.

Dante, abondamment représenté, est l’un des cinq piliers de la collection et le Quattrocento mérite une place à part. Avec Pétrarque, la poésie se renouvelle jusqu’à Ronsard et l’esprit de l’humanisme, avec Erasme, gagne l’Europe. L’âge de l’imprimerie est aussi le temps de la Réforme, des Thèses de Luther jusqu’à l’Edit de Nantes.

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Un Fleuron de la période : Martin Luther (1483-1546)

Disputatio pro declaratione Virtutis indulgentiarum, première édition
Les « 95 Thèses », Nuremberg, Hieronymus Höltzel, 1517

« C’est faire injure à la Parole de Dieu que d’employer dans un sermon autant et même plus de temps à prêcher les indulgences qu’à annoncer cette Parole. »

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Disputatio pro declaratione Virtutis indulgentiarum

Martin Luther, les « 95 Thèses », Nuremberg, 1517, première édition

Les « 95 Thèses » de Martin Luther ont bouleversé la chrétienté européenne en donnant une assise au développement du protestantisme.

Rédigées en latin en 1517, elles ne visent toutefois pas à diviser l’Eglise : destinées à un cercle restreint d’érudits, elles se veulent des invitations à la discussion académique et théologique. En critiquant les conceptions théologiques de son temps, le moine allemand, docteur en théologie du couvent des Augustins d’Erfurt puis prédicateur de l’église paroissiale de Wittenberg, cherche à redonner une meilleure image de la papauté.

Son opposition à la vente des indulgences instaurées par Léon X pour financer la construction de la basilique Saint-Pierre à Rome est le résultat d’une réflexion sur le salut divin. Sans doute affichées aux portes de l’église du château de Wittenberg (l’authenticité du célèbre épisode n’est pas attestée), envoyées d’abord aux archevêques de Mayence et de Brandebourg, les thèses sont imprimées à Leipzig, à Bâle et à Nuremberg où Hieronymus Höltzel déploie une grande activité.

Largement diffusées, elles sont traduites en allemand puis reprises en chaire, elles provoquent le scandale en Allemagne. Seuls quatre exemplaires complets de la première édition sont aujourd’hui connus.

Un autre Fleuron de la période : Le Roman de la Rose