Jorge Luis Borges

'Nul n’ignore que le Sud commence de l’autre côté de Rivadavia.'

Jorge Luis Borges (1899-1986)
« El Sur »
Manuscrit autographe
Adrogué, 1953

« C’est mon meilleur conte et la première partie est autobiographique ; c’est l’histoire de mon accident.  Vous pouvez toucher sur mon front, si vous le voulez, la topographie ou l’orographie de cet accident » (Borges el memorisio).  Faut-il croire celui qui est passé maître dans l’effacement de la frontière entre réalité et imaginaire lorsqu’il présente « Le Sud » comme le récit de l’accident qu’il eut à la veille de Noël 1938 ? Rappeler que la septicémie contractée alors plongea effectivement Borges dans les fièvres et les hallucinations, à l’instar du narrateur de la nouvelle, semble réduire le récit à l’anecdote. Dans ce chassé-croisé entre vie et fiction, il n’en est pas moins émouvant de tenter de déchiffrer l’écriture microscopique de celui qui deux ans plus tard deviendra définitivement aveugle. Le texte paru dans La Nación en février 1953 clôt l’édition de Ficciones de 1956.  La composition interne du recueil, qui travaille les effets de symétries et de contrastes, fait ainsi se répondre deux des  autographes conservés à la Fondation Martin Bodmer : Uqbar se reflète dans ce « Sud » où s’affirme, plus que dans aucun autre texte, une certaine « argentinité ».

Cliquez dans l’image pour découvrir les détails de l’œuvre.




Jorge Luis Borges

Jorge Luis BORGES, El Sur, manuscrit autographe Adrogué, 1953.