Bibliothèque

La Bibliotheca Bodmeriana fut inaugurée le 6 octobre 1951 et reçut son nom à cette occasion. Dans une lettre privée, adressée de Pontresina le 21 janvier 1969, Martin Bodmer écrivait : « il nous faut (souligné 2 fois) une bibliothèque à la hauteur ! Elle est, malgré tout, une merveille (discrètement à l’abri des curieux) mais elle représente un joyau de notre temps. »

En 1970, il en résumait ainsi la portée :

« L’entreprise est ambitieuse. Elle tente d’embrasser l’humain dans sa totalité, l’histoire telle que la reflète la création spirituelle à travers tous les âges et dans toutes les parties du monde (Sie möchte das Menschlich-Ganze umfassen, also die Geschichte, wie sie sich in den Geistesschöpfungen aller Zeiten und Zonen spiegelt). » (dans Image, publié par Roche à Bâle).

Enfin, dans une de ses dernières notes, datant de la nuit du Nouvel An 1971, à Chardonney, il écrit au milieu de ses souffrances :

« C’est vraiment une nuit de la Saint-Sylvestre tout à fait horrible – si loin, si loin des chères « Cloches de Nouvel An » de Meyer ! Alice me donne encore quelque chose et je m’endors enfin. Toutefois, – et voilà que survient la grande merveille – l’idée est née, l’idée que j’attends depuis de longues semaines et c’est la solution. Précisément en cette terrible nuit du 1e janvier 1971 ! Elle est très simple : Chorus mysticus, ce sont les représentants de l’histoire qui se rapprochent le plus de l’humain dans sa totalité, dans son ensemble. » (traduction : Hans E. Braun).

Le nom de Chorus mysticus est emprunté au final du Faust de Goethe et désigne « the group of people to whom the secret power of human civilisation is due…The Chorus mysticus begins with men of action and closes with the poet » (Conférence de Londres en 1967).

Ferronnerie (détail de la façade de la Bibliothèque)

Bernard Gagnebin avait, quant à lui, donné à sa brochure sur la Fondation Martin Bodmer le sous-titre suivant : Une source capitale pour la recherche à Genève, et il concluait :

« Pour les archéologues, pour les historiens d’art, pour les papyrologues, pour les médiévistes, pour les spécialistes des littératures françaises, allemandes, anglaises, italiennes, espagnoles, scandinaves, slaves et orientales, pour les historiens du droit et des sciences, pour les historiens du livre et de l’écriture, la Fondation Martin Bodmer constitue une mine presque inépuisable de recherches et de découvertes. » 

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