14/10 : « Science sans conscience… »

14/10 : « Science sans conscience… »

14 octobre 2016, 18h30, Université de Genève (Uni Dufour)

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Conférence de clôture du cycle Frankenstein aujourd’hui, organisé par les Fondations Bodmer et Brocher, en collaboration avec l’Université de Genève.

Au terme d’un fructueux cycle d’événements au cours duquel le progrès scientifique a été interrogé dans ses différentes applications, c’est avec le postulat de Rabelais « science sans conscience n’est que ruine de l’âme » que le débat reprend une certaine hauteur conceptuelle pour aborder du point de vue philosophique et moral la problématique du rapport de l’homme à sa volonté de puissance.

Ils sont philosophes, mais aussi, respectivement, médecin, physicien et poète. Anne-Laure Boch, Etienne Klein et Martin Rüeff s’entretiendront avec Isabelle Moncada pour évoquer les principes qui pourraient guider et possiblement encadrer la recherche dans le domaine des sciences.

A une époque où la laïcité a évacué le religieux du débat et où la morale, sous couvert scientifique et neutre, affiche les valeurs dominantes de l’Occident, comment, pour reprendre les termes d’Etienne Klein « faire pour garantir que le pouvoir de l’homme ne devienne une malédiction pour lui ? Comment fonder une « éthique de l’avenir », qui étende la notion de responsabilité sans la détruire ? ».

En référence à l’histoire d’une expérience scientifique qui tourne à l’horreur, ce sera tout l’objet de ce débat de montrer à nouveau, par les regards croisés des trois intervenants, la nécessaire interrelation entre sciences humaines et sciences exactes pour aborder les questions existentielles qui traversent les siècles.

Réservations recommandées par le biais du site www.frankenstein.ch

rabelais

Anne-Laure Boch est neurochirurgien, médecin des hôpitaux de Paris et exerce à l’hôpital Pitié-Salpêtrière. Son travail de master Frankenstein, le Prométhée  moderne, et le neurochirurgien. Quelques concordances entre les malades en état végétatif persistant et le mythe de Frankenstein établit un parallèle entre la figure du Dr Frankenstein et le médecin moderne. Elle a également mené des études de philosophie centrées sur l’éthique médicale et ayant abouti à une thèse consacrée à la médecine technique. Anne-Laure Boch s’intéresse en particulier à la déshumanisation possible induite par la pratique intensive de la science, notamment dans le domaine médical.

 

Ancien élève de l’École Centrale de Paris, membre de l’Académie des Technologies, enseignant de physique quantique et de philosophie des sciences à l’École Centrale, Étienne Klein est actuellement directeur du Laboratoire de Recherche sur les Sciences de la Matière du CEA après avoir été adjoint au directeur des sciences de la matière au CEA. Sa contribution scientifique concerne principalement la question du temps en physique, la physique quantique, les grandes questions en cours de recherche et l’histoire de la physique.

 

Martin Rueff est poète, critique et traducteur. Il a été maître de conférence à l’U.F.R. « Lettres, arts et cinéma » de L’Université Paris-Diderot (Paris VII), enseignant à l’Université de Bologne, avant d’être nommé professeur à l’Université de Genève où il occupe la chaire du 18ème. Ses champs de recherche couvrent les domaines de la littérature et ses articulations avec la philosophie morale et politique, l’anthropologie et la poésie – qu’il traduit, commente et compose. Spécialiste de Rousseau, Martin Rueff est aussi l’un des éditeurs des œuvres de Claude Lévi-Strauss et de celles de Michel Foucault en Pléiade.