01/09 : Conférence de Michel Porret

01/09 : Conférence de Michel Porret

Jeudi 1er septembre – 19h00
Conférence de Michel Porret
Figures et imaginaire social du monstre au crépuscule des Lumières
suivie d’un apéritif

Michel Porret est historien et professeur d’histoire à l’Université de Genève et président des Rencontres internationales de Genève.
Blog personnel : La Ligne de mire.

 

Prométhée moderne, le savant de Mary Shelley fabrique une créature abjecte, incarnation de l’Autre dans sa solitude absolue. Lecture du contexte historique de cette naissance cadavérique.

L’épopée de Victor Frankenstein illustre le retournement du progrès contre l’humanité selon le premier Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes (1755) de Rousseau. À l’instar de Ia créature de Frankenstein, l’homme sauvage selon Rousseau ne pense qu’à sa conservation vitale. Devenu sociable, iI se déprave avec l’acquisition des connaissances. Si l’individu est perfectible, chaque progrès dans l’histoire de l’humanité est suivi d’une régression. Toute amélioration engendre une dégradation avec ses inégalités sociales. L’avancement des sciences et des arts commande la corruption des mœurs. Victor Frankenstein voulait éclairer le monde par la science expérimentale afin de libérer le genre humain de la transcendance divine. Comme la Révolution française a tenté de délier les individus de la sujétion absolutiste en découpant le roi de droit divin, il coud les pièces cadavériques d’un mort-vivant. Rejeté dans l’état de nature où l’homme est un loup pour l’homme, l’Adam cadavérique est un alien sur Terre. Son altérité inquiétante conditionne la construction sociale de sa monstruosité qui l’oblige à rendre le mal reçu.
Frankenstein, roman d’épouvante ou roman politique ?








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