Wagner et les philosophes – colloque international

Wagner et les philosophes – colloque international

vendredi 25 et samedi 26 octobre 2013

En marge de l’exposition Wagner, l’opéra hors de soi présentée à la Fondation Bodmer, un colloque de deux journées est organisé les 25 et 26 octobre, dans les locaux de l’Université de Genève.

Un concert lié au thème étudié conclura la première journée du colloque.

L’exposition présentée à la Fondation Bodmer dresse un portrait de la pensée de Wagner – pensée multiple, marquée par diverses influences et se manifestant par des prises de positions ayant trait aussi bien à des questions de politique que de religion ou de philosophie.

Ce colloque est un complément bienvenu à l’exposition permettant d’approfondir des questions plus scientifiques. Il permet de réunir quelques spécialistes internationalement reconnus autour d’un des aspects les plus riches de la pensée wagnérienne: le lien à la philosophie.

Wagner et les philosophes : ce titre permet d’appréhender trois aspects importants et complémentaires du rapport entre Wagner et la philosophie.

1) Les influences, c’est-à-dire les philosophies qui ont aidé Wagner à forger sa vision du monde. Plus ou moins profondément, plus ou moins consciemment, Wagner s’est laissé imprégner par des mouvements de pensée qui ne relèvent d’ailleurs pas tous de la tradition occidentale : du socialisme anarchisant à la spiritualité hindoue relayée par Schopenhauer et d’autres, le spectre en est large.

2) La réception, c’est-à-dire la façon dont certaines philosophies ont pris acte de ce que Nietzsche a appelé « le cas Wagner ». Avec ou contre Wagner, cherchant à justifier son œuvre ou en stigmatiser les potentielles dérives, bon nombre de philosophes, depuis 150 ans, ont intégré Wagner à l’élaboration de leur pensée.

3) Wagner philosophe? Il y aurait, enfin, à interroger la notion de « philosophie wagnérienne ». Est-il possible de déceler une pensée cohérente, voire un système, derrière l’enchevêtrement complexe, souvent teinté de syncrétisme, qui caractérise les écrits théoriques de Wagner? Dans quelle mesure son œuvre musicale et ses écrits théoriques peuvent-ils être lus comme les deux pans d’une philosophie esthétique? Quelle part sa pensée prend-elle dans l’élaboration de son œuvre?

Programme
Dans l’espoir de donner quelques éléments de réponse à ces vastes questions, le commissaire de l’exposition, Christophe Imperiali, et Alain Corbellari, professeur de littérature médiévale à l’Université de Lausanne, ont fait appel à une poignée de spécialistes – philosophes, musicologues ou germanistes.

Le point le plus saillant de ce colloque sera sans doute l’intervention d’Alain Badiou, qui nous fait le grand et rare honneur d’avoir accepté de participer à ces deux journées. Sous le titre « Le « cas Wagner » est-il un cas philosophique? », il proposera une intervention dans laquelle il se positionnera en philosophe pour aborder de front la question de ce que Wagner représente pour la philosophie.

Ce colloque pourra aussi s’enorgueillir de la présence de Jean-Jacques Nattiez, auteur de plusieurs monographies wagnériennes et directeur de l’encyclopédie Musiques publiée en cinq tomes chez Actes Sud. Il viendra de Montréal pour aborder la question suivante: « Peut-on dire que le solo de cor anglais de Tristan et Isolde, c’est la métaphysique de Schopenhauer mise en musique ? »

Chacun des autres intervenants a été contacté sur la base de travaux de grande qualité qu’il a récemment consacrés à une thématique proche de celle qu’il abordera lors de ce colloque. La liste des intervenants (par ordre alphabétique) et des titres (sous réserve de modification) est la suivante:


 

  • Philippe Albèra: « Une philosophie tapie sous les notes? »
  • Alain Badiou: « Le « cas Wagner » est-il un cas philosophique? »
  • Danielle Buschinger: « Wagner et la pensée orientale »
  • Jean-François Candoni: « Le sentiment dans la forme: Wagner et le débat formaliste »
  • Claude Coste: « Le Wagner de Gilles Deleuze »
  • François Félix: « L’obstacle et la ressource. La théorie du drame musical après la découverte de Schopenhauer »
  • Julien Labia: « Eduard Hanslick, le premier et le dernier antiwagnérien? »
  • Fabrice Malkani: « Peut-on déceler un système philosophique de la religion chez Wagner? »
  • Jean-Jacques Nattiez: « Peut-on dire que le solo de cor anglais de Tristan et Isolde, c’est la

métaphysique de Schopenhauer mise en musique ? »

Georges Schürch, président du Cercle Romand Richard Wagner, se chargera par ailleurs d’une allocution introductive.

Les actes de ce colloque seront publiés chez l’Age d’homme

Pour conclure ce colloque, un concert sera proposé aux participants et au public intéressé, le samedi 26 octobre à 19h dans la Grande salle du Conservatoire de Musique de Genève.

Programme détaillé ici programme_colloque_WagnerPhilo

Colloque organisé à l’Université de Genève – Bâtiment Uni Bastions, salle B106

Entrée libre